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Guide d'achat occasion · Grand SUV 7 places

Peugeot 5008 II d'occasion : le guide pour ne pas tomber sur le mauvais moteur

Le 5008 II (2017-2023) est l'un des grands SUV familiaux 7 places les plus appréciés du marché. Mais derrière un excellent confort et une habitabilité de référence se cache le même piège mécanique que sur les autres Peugeot de l'époque : la courroie de distribution du 1.2 PureTech, qui peut transformer une bonne affaire en casse moteur.

Mis à jour : juin 2026Lecture : 9 minPhase 2 · 2017-2023

L'essentiel en 30 secondes

À fuir sauf preuve du contraire : le 1.2 PureTech 130 essence des premiers millésimes (2017-2019), à cause de la courroie de distribution « humide » qui peut casser le moteur si l'entretien n'a pas été rigoureux.

Le choix sûr : le diesel 2.0 BlueHDi, reconnu comme le bloc le plus homogène et le mieux adapté à ce gros SUV, idéal pour les gros rouleurs.

La règle d'or : aucun achat sans l'historique d'entretien complet (factures + Histovec) et, sur un 1.2 PureTech, la preuve que le rappel courroie a été traité et la couverture Stellantis vérifiée.

Le 5008 a changé de nature en 2017 : d'un monospace compact, il est devenu un grand SUV 7 places, l'un des plus spacieux et des plus confortables de sa catégorie. C'est précisément ce qui en fait une cible idéale en occasion pour les familles — beaucoup de place, un i-Cockpit valorisant, des prestations routières flatteuses. Mais comme toutes les Peugeot de cette génération, il partage avec la 308, le 3008 et la 208 le même catalogue de moteurs… et donc les mêmes faiblesses. Acheter « un 5008 » ne veut rien dire : tout dépend du bloc sous le capot.

Ce guide va droit au but : quelles versions présentent un vrai risque financier, lesquelles sont des valeurs sûres, combien coûtent réellement les réparations redoutées, et quoi vérifier point par point avant de signer.

Le cœur du problème : la courroie de distribution « humide »

Si vous ne devez retenir qu'une chose, c'est celle-ci. Le moteur essence 1.2 PureTech (le trois-cylindres turbo de 130 ch qui équipe une grande partie des 5008 II essence) utilise une courroie de distribution d'un type particulier : elle baigne directement dans l'huile moteur, au lieu d'être à sec comme sur un moteur classique. Cette conception, censée réduire le bruit et les frottements, a un défaut majeur dans la durée.

Avec le temps, et surtout quand l'huile se dégrade (petits trajets, vidanges espacées), le revêtement de la courroie se désagrège. Des particules de gomme se détachent, partent dans le circuit d'huile et bouchent la crépine (le filtre d'aspiration de la pompe à huile) ainsi que la pompe à vide d'assistance au freinage. Résultat : chute de la lubrification, perte d'assistance au freinage, et dans le pire des cas destruction du moteur. Sur les retours de propriétaires, la distribution figure parmi les pannes récurrentes du 1.2 PureTech du 5008.

Pourquoi c'est grave financièrement

Remplacée à temps, l'opération coûte quelques centaines d'euros. Négligée jusqu'à la casse, c'est un remplacement moteur dont la facture peut atteindre plusieurs milliers d'euros, souvent supérieure à la valeur résiduelle du véhicule. L'écart entre l'entretien préventif et la catastrophe se joue à un seul rendez-vous d'atelier manqué.

Le rappel constructeur que vous devez vérifier

Face à l'ampleur du problème, le groupe PSA (aujourd'hui Stellantis) a lancé plusieurs campagnes de rappel. La première, fin 2020, a concerné environ 220 000 véhicules Peugeot, Citroën et DS équipés du 1.2 PureTech turbo (110 et 130 ch), produits entre mars 2013 et avril 2017. Selon l'état de la courroie, l'intervention va du simple contrôle (mise à jour du calculateur, mesure de la largeur de courroie) au remplacement complet de la courroie, de la pompe à vide et au nettoyage de la crépine — une opération qui peut mobiliser de moins d'une heure jusqu'à une douzaine d'heures d'atelier, prise en charge gratuitement.

Une seconde campagne, lancée fin 2022, a élargi le périmètre à des unités plus récentes (production d'avril 2017 à l'automne 2018) — soit plus de 250 000 véhicules supplémentaires en France, le 5008 figurant explicitement dans la liste aux côtés des 208 et 3008. Cette campagne visait à éviter le colmatage de la pompe à vide de freinage par les débris de courroie.

Avant tout achat d'un 5008 1.2 PureTech, exigez la preuve que ces rappels ont été effectués. Vous pouvez vérifier l'éligibilité d'un véhicule précis en saisissant son numéro VIN sur le site officiel Peugeot, à la section campagnes de rappel. Un vendeur sérieux aura cette information ; un vendeur qui élude la question est un signal d'alarme.

La couverture Stellantis : votre meilleur filet de sécurité

Au-delà des rappels, Stellantis a mis en place depuis mars 2024 une extension de garantie spécifique à la courroie du 1.2 PureTech, portée jusqu'à 10 ans ou 175 000 km. Elle couvre les véhicules produits entre juillet 2014 et le 20 juin 2022 — date à partir de laquelle une courroie renforcée a été montée en usine. Le 5008 II de deuxième génération est bien concerné par cette couverture pour la version 130 ch.

Les conditions à ne pas négliger

Cette prise en charge n'est pas automatique : elle suppose que l'entretien ait suivi le plan préconisé par le constructeur et que les diagnostics et réparations soient réalisés dans le réseau agréé. Concrètement, un véhicule au carnet d'entretien lacunaire risque de perdre le bénéfice de cette couverture. C'est une raison de plus d'exiger un historique d'entretien complet et, idéalement, suivi en réseau.

Point important : depuis le rappel, l'intervalle de remplacement de la courroie a été revu à la baisse à 6 ans ou 100 000 km (contre 10 ans / 180 000 km à l'origine), à condition que la courroie soit effectivement remplacée. Sur la durée de vie d'un 5008, cela représente un poste d'entretien à anticiper.

Quelle motorisation choisir (et laquelle fuir)

Voici la synthèse, motorisation par motorisation, croisée à partir des retours de fiabilité et de la presse spécialisée. C'est le tableau à garder sous les yeux en parcourant les annonces.

Fiabilité des principales motorisations · Peugeot 5008 II
MotorisationVerdictPoints de vigilance
1.2 PureTech 130 ch (essence, 2017-2019) À risque Courroie de distribution humide pouvant casser le moteur, consommation d'huile, quelques casses signalées même à faible kilométrage. Vérifier impérativement rappel + couverture + historique.
1.6 THP 165 ch / 1.6 PureTech 180 ch (essence) Prudence Le 1.6 PureTech 180 est jugé plus serein que le 1.2 et mieux adapté quand le SUV est chargé. Quelques soucis turbo et refroidissement signalés sur le THP.
1.5 BlueHDi 130 ch (diesel) Prudence AdBlue capricieux (le défaut n°1 des retours), courroie/chaîne de distribution parfois bruyante, injecteurs. Fuir l'usage exclusivement urbain (FAP).
2.0 BlueHDi 150/180 ch (diesel) Recommandé Le « meilleur compromis » : homogène, sobre, le plus adapté à ce gros SUV pour les gros rouleurs. Rester vigilant sur l'AdBlue et le FAP comme sur tout diesel récent.

La logique d'usage

Un 5008 est lourd et souvent chargé (7 places, bagages, remorque). Si vous roulez beaucoup et surtout sur route, un 2.0 BlueHDi bien entretenu est le choix le plus rassurant et le plus à l'aise. Si vous faites surtout de la ville et de petits trajets, fuyez le diesel (le FAP déteste les courts trajets) — mais alors vous retombez sur l'essence, où il faut redoubler de vigilance sur le 1.2 PureTech, voire viser un 1.6 PureTech 180 ou une production tardive.

Diesels : l'AdBlue, le vrai casse-tête au quotidien

Sur le 5008 II, le défaut diesel qui revient le plus souvent dans les retours de propriétaires n'est pas la mécanique lourde, mais le système AdBlue (le réducteur d'oxydes d'azote injecté dans la ligne d'échappement pour respecter les normes antipollution). Sur les 1.5 et 2.0 BlueHDi, les défauts AdBlue figurent largement en tête des pannes signalées.

Les symptômes typiques : messages d'alerte intempestifs (« démarrage impossible dans X km »), capteur de niveau ou injecteur AdBlue défaillant, passages en mode dégradé. À cela s'ajoutent les maux classiques des diesels modernes en usage urbain :

  • FAP (filtre à particules) — encrassement sur les véhicules qui font surtout de la ville et de petits trajets, régénérations incomplètes.
  • Vanne EGR — encrassement et fatigue, à l'origine de pertes de puissance et de voyants moteur.
  • Injecteurs — défauts signalés notamment sur le 1.5 BlueHDi.

La règle est simple : un diesel 5008 a du sens pour les gros rouleurs en usage mixte ou autoroutier. En ville, le coût et la fréquence des soucis FAP/EGR/AdBlue plombent l'équation.

Boîtes EAT6 / EAT8 et électronique i-Cockpit

Le 5008 II se décline beaucoup en boîte automatique. Deux générations cohabitent selon les millésimes :

  • EAT6 (premiers millésimes) — quelques cas de patinage à froid signalés, qui tendent à disparaître une fois la boîte en température.
  • EAT8 (à partir de 2018-2019) — à-coups signalés entre certains rapports, en particulier en rétrogradage sur les rapports bas.

Aucun de ces comportements n'est rédhibitoire en soi, mais ils doivent être éprouvés en essai : une boîte qui patine franchement ou qui cogne lors des passages mérite un diagnostic avant achat.

L'i-Cockpit et l'écran tactile

Côté électronique, le poste de conduite numérique du 5008 est valorisant mais source de petits bugs récurrents : écran tactile qui se fige ou devient noir, perte de GPS, déconnexions Bluetooth, ralentissements et redémarrages du système multimédia, parfois résolus seulement par reprogrammation ou remplacement. Vérifiez en essai que tout fonctionne, voyants éteints, sans latence anormale.

Les autres faiblesses à connaître

Au-delà de la distribution et de l'AdBlue, plusieurs points reviennent dans les retours de propriétaires. Aucun n'est aussi grave que la courroie, mais ils pèsent sur le budget et la négociation :

  • Consommation d'huile — niveau qui baisse vite entre deux vidanges sur le 1.2 PureTech ; un contrôle régulier est indispensable pour préserver la lubrification.
  • Capot vibrant / déformation à haute vitesse — vibrations du capot signalées au-delà de 120 km/h sur certains exemplaires.
  • Direction assistée bruyante — bruits de direction signalés dans les retours.
  • Trains roulants / suspension — bruits de liaison au sol et usure de pneumatiques parfois rapide.
  • Finitions d'habitacle — clips de coques de sièges qui se détachent, planche de bord qui se fissure ou se décolle sur certains exemplaires.

Combien coûtent vraiment les réparations

Connaître ces ordres de grandeur change tout au moment de négocier : un véhicule dont la courroie n'a jamais été faite n'a pas la même valeur qu'un véhicule avec facture récente à l'appui.

Postes de coûts à anticiper · Peugeot 5008 II
InterventionCoût indicatifDétail
Remplacement courroie distribution 1.2 PureTech Quelques centaines d'€ Selon garage. Crépine à nettoyer en même temps. Potentiellement couvert par la garantie Stellantis si conditions respectées.
Casse moteur (courroie négligée) Plusieurs milliers d'€ Le scénario à éviter absolument. Souvent supérieur à la valeur résiduelle du véhicule.
Réparation système AdBlue (capteur/injecteur) Coût indicatif Poste de panne le plus fréquent sur les diesels du 5008 ; à chiffrer au cas par cas selon l'élément.
Intervalle de remplacement courroie préconisé 6 ans / 100 000 km Préconisation revue à la baisse par PSA après le rappel.

Les chiffres précis varient fortement selon le garage (indépendant vs concession) et l'état réel du moteur ; demandez toujours un devis détaillé avant intervention.

Combien ça coûte à l'achat

Le 5008 II est un modèle très présent sur le marché de l'occasion, en essence comme en diesel. Cette abondance vous donne du pouvoir de négociation et la possibilité d'être exigeant sur l'historique. Les cotes s'étalent largement selon l'année, la motorisation, la finition (GT Line, GT…), le kilométrage et l'état. Pour situer un prix juste, appuyez-vous sur les cotes de référence et les annonces réelles plutôt que sur l'intuition.

Le bon réflexe n'est pas de chercher l'annonce la moins chère, mais la mieux documentée. Un 5008 un peu plus cher avec carnet d'entretien complet, factures de distribution et rappel effectué vous coûtera bien moins cher sur la durée qu'une « affaire » sans historique — surtout sur un 1.2 PureTech, où la couverture Stellantis dépend du suivi d'entretien.

La checklist avant d'acheter

À imprimer ou à garder sur votre téléphone. Cochez chaque point avant de vous engager :

  • Identifier la motorisation exacte sur la carte grise et la situer dans le tableau ci-dessus (1.2 PureTech ? 1.6 ? 1.5 ou 2.0 BlueHDi ? Quelle puissance ?).
  • Exiger l'historique complet : carnet d'entretien + factures. Une absence de suivi est un signal d'alarme immédiat — et fait perdre le bénéfice de la couverture courroie Stellantis.
  • Vérifier le rappel courroie (1.2 PureTech) via le VIN sur le site officiel Peugeot, et demander la facture de l'intervention.
  • Vérifier l'éligibilité à l'extension de garantie (10 ans / 175 000 km, production jusqu'au 20 juin 2022) et que l'entretien a bien été suivi selon le plan constructeur.
  • Consulter l'Histovec (rapport d'historique administratif gratuit de l'État) pour vérifier sinistres, kilométrage et situation administrative.
  • Sur 1.2 PureTech : contrôler le niveau et l'état de l'huile, demander la fréquence réelle des vidanges, guetter toute alerte de pression d'huile.
  • Sur diesel : se méfier d'un véhicule à faible kilométrage ayant fait surtout de la ville (FAP encrassé), vérifier l'absence de message AdBlue et l'état de la vanne EGR.
  • Tester la boîte automatique (EAT6/EAT8) : à-coups entre rapports, patinage à froid, passages francs une fois en température.
  • Contrôler l'électronique i-Cockpit : écran tactile réactif, pas d'écran noir, GPS et Bluetooth fonctionnels, voyants éteints.
  • Essai routier complet : montée en température, reprises chargé si possible, écoute des bruits de direction et de train roulant, stabilité du capot à vitesse soutenue.
  • Faire un diagnostic OBD avant achat (prise multimarque ou contrôle pré-achat indépendant) pour lire les codes défaut en mémoire.

Questions fréquentes

Le Peugeot 5008 II est-il fiable en occasion ?

Cela dépend entièrement de la motorisation. Le diesel 2.0 BlueHDi est réputé homogène et solide ; l'essence 1.2 PureTech présente un vrai risque lié à sa courroie de distribution « humide ». Avec un historique d'entretien rigoureux, le rappel effectué et la couverture Stellantis vérifiée, un 5008 1.2 peut rouler sereinement ; sans suivi, c'est un pari.

Quel moteur de 5008 II faut-il éviter ?

La prudence maximale concerne le 1.2 PureTech 130 des premiers millésimes (2017-2019), à cause de la courroie de distribution et de la consommation d'huile. Les productions tardives (courroie renforcée à partir du 20 juin 2022) sont nettement plus sereines.

Quel moteur de 5008 II est le plus sûr ?

Le 2.0 BlueHDi ressort comme le meilleur compromis pour ce gros SUV : homogène, sobre et adapté aux gros rouleurs en usage mixte ou autoroutier. En essence, le 1.6 PureTech 180 est jugé plus serein que le 1.2.

Le rappel courroie 1.2 PureTech concerne-t-il le 5008 ?

Oui. Le 5008 figure parmi les modèles concernés par les campagnes de rappel et par l'extension de garantie courroie de Stellantis (jusqu'à 10 ans ou 175 000 km, pour les productions allant jusqu'au 20 juin 2022). Vérifiez l'éligibilité d'un véhicule précis via son VIN sur le site officiel Peugeot.

Notre recommandation finale

Le 5008 II reste un excellent grand SUV familial d'occasion à condition de choisir le bon exemplaire. Privilégiez un 2.0 BlueHDi pour la route et les gros kilométrages, ou une essence 1.6 PureTech 180 / une production tardive avec historique limpide pour un usage plus mixte. Exigez un entretien sans faille, et ne signez jamais un 1.2 PureTech sans la preuve que le rappel courroie a été réalisé et que la couverture Stellantis s'applique. Le surcoût d'un véhicule bien suivi est dérisoire face au risque d'une casse moteur.

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