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Renault Captur I (2013-2019) : le guide d'achat d'occasion sans mauvaise surprise

Best-seller des SUV urbains, le Captur I cache un piège moteur bien documenté et une boîte automatique capricieuse. Voici comment trier les bons exemplaires des bombes à retardement.

Mis à jour : mai 2026Lecture : 10 min2013-2019

Le Renault Captur première génération s'est vendu par centaines de milliers d'exemplaires en France, ce qui en fait un choix logique en occasion : il y en a partout, à tous les prix. Le problème, c'est que la fiabilité ne suit pas toujours la popularité.

Selon la maxi-fiche occasion de Caradisiac, le bilan après cinq ans de recul est jugé « moyen, très moyen ». Du côté des retours d'utilisateurs compilés par fiches-auto.fr (plus de 730 témoignages), trois sujets reviennent en boucle : la consommation d'huile du moteur essence 1.2 TCe, le comportement de la boîte automatique EDC, et les pépins électroniques. Bonne nouvelle : ces défauts sont connus, datés et évitables si l'on sait quoi regarder.

L'essentiel en 30 secondes

À fuir absolument : le 1.2 TCe 120 ch des millésimes 2013-2016 (segments de piston défaillants, consommation d'huile pouvant mener à la casse moteur, facture d'environ 6 000 €).

Le choix sûr : un diesel 1.5 dCi 90 ou 110 ch entretenu, ou à défaut le petit essence 0.9 TCe 90 ch, idéalement en millésime 2017 ou plus récent et en boîte manuelle.

La règle d'or : contrôle du niveau d'huile à froid, carnet d'entretien complet et essai routier obligatoires. Sur un 1.2 TCe ou une boîte EDC sans historique, passez votre chemin.

Le cœur du problème : le moteur essence 1.2 TCe qui boit son huile

Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de ce guide, ce serait celle-ci. Le moteur essence 1.2 TCe 120 ch (code H5Ft), pourtant le plus vendu sur le Captur I, souffre d'un défaut de conception majeur.

Selon L'Argus, une analyse interne de Renault a recensé environ 107 000 véhicules potentiellement concernés par une surconsommation d'huile anormale. La cause technique est précise : une dépression dans le collecteur d'admission combinée à une forte dépression dans le cylindre empêche le second segment de piston d'assurer l'étanchéité. Résultat, l'huile remonte et brûle dans la chambre de combustion.

Dans les cas documentés, la consommation peut grimper jusqu'à plus d'un litre aux 1 000 km, parfois sans que le voyant de niveau ne s'allume à temps. Faute de surveillance, on aboutit à des fumées bleues à l'échappement, puis à la casse moteur (rupture de chaîne de distribution par manque de lubrification, notamment). La facture de remplacement avoisine alors les 6 000 €.

Quels millésimes sont touchés ?

Le défaut concerne les moteurs produits jusqu'au 11 mai 2016. Renault a corrigé le tir (reprogrammation du calculateur, remplacement des segments) sur les productions ultérieures. Privilégiez donc les Captur 1.2 TCe à partir de 2017, et restez méfiant sur tout exemplaire 2013-2016.

Important : Renault n'a pas émis de rappel officiel sur ce sujet, estimant que tous les véhicules ne sont pas affectés. La prise en charge se négocie au cas par cas, selon le kilométrage, l'historique d'entretien et l'âge du véhicule. Un collectif de victimes s'est formé en 2019, et une action conjointe a été lancée par plusieurs avocats en 2022. Autrement dit : ne comptez pas sur une réparation gratuite automatique.

Quelle motorisation choisir (et laquelle fuir)

Le Captur I a été décliné en essence (0.9 et 1.2 TCe) et en diesel (1.5 dCi). Tous ne se valent pas, loin de là. Voici le tri à opérer.

Fiabilité des motorisations du Renault Captur I (2013-2019)
MotorisationVerdictPoints de vigilance
1.2 TCe 120 ch essence (2013-2016)À fuirSurconsommation d'huile par défaut d'étanchéité des segments, risque de casse moteur (~6 000 €). Le moteur le plus vendu et le plus problématique.
1.2 TCe 120 ch essence (2017+)PrudenceProductions corrigées après mai 2016, mais contrôle du niveau et de la consommation d'huile impératif. À privilégier en boîte manuelle.
0.9 TCe 90 ch essencePrudenceChaîne de distribution « à vie » mais quelques cas détendus vers 90-120 000 km ; boîtier thermostat (« la pieuvre ») fragile, fuites de liquide de refroidissement.
1.5 dCi 90 ch diesel (2013-2015)PrudencePremiers millésimes : vanne EGR qui s'encrasse (perte de puissance, fumée noire), FAP, turbo. Réservé à un usage routier régulier.
1.5 dCi 90 / 110 ch diesel (2016+)RecommandéLe diesel mûri de Renault : sobre (~4,5 L/100 km annoncés). Surveiller EGR/FAP si l'usage est trop urbain ; vibrations parfois signalées vers 115-120 km/h.
Boîte automatique EDC (double embrayage)À risqueÀ-coups en ville, glissements, bruits métalliques, voire défaillances dès 40 000 km. Réparation très coûteuse. Préférez la boîte manuelle.

Le bon compromis

Pour un usage majoritairement urbain et périurbain, un 0.9 TCe 90 ch en boîte manuelle, millésime 2017+, est sensé. Pour ceux qui roulent beaucoup et sur route, le 1.5 dCi 110 ch post-2016 reste le choix de raison. Dans tous les cas : fuyez la boîte EDC sans historique d'entretien.

Les autres faiblesses à connaître

Au-delà du moteur essence, le Captur I traîne plusieurs petits défauts récurrents. Pris individuellement ils ne sont pas dramatiques, mais ils s'additionnent.

La boîte automatique EDC. C'est la deuxième grande source de plaintes. Cette transmission à double embrayage est sujette aux à-coups en conduite urbaine lente, aux bruits métalliques, aux passages au point mort temporaires et au message « Boîte de vitesses à contrôler ». Caradisiac relève des défaillances dès 40 000 km, parfois hors garantie. L'absence de vidange d'huile de boîte accélère nettement la dégradation.

L'électronique et le R-Link. Le système multimédia R-Link est cité de façon récurrente : écrans qui figent, Bluetooth instable, GPS capricieux, mises à jour incomplètes. À cela s'ajoutent des capteurs défaillants et des bugs divers (phares, essuie-glaces, carte mains libres).

La batterie 12V. Plusieurs propriétaires signalent une défaillance prématurée de la batterie, qui neutralise le système Stop & Start et déclenche voyants et messages d'erreur. Un défaut souvent confondu avec une panne plus grave.

Le boîtier thermostat du 0.9 TCe. Surnommé « la pieuvre » pour ses multiples raccords, ce boîtier en plastique se fissure sous les chocs thermiques et provoque des fuites de liquide de refroidissement. Si le niveau chute sans être détecté, c'est la surchauffe puis le joint de culasse.

Côté rappels constructeur

Le Captur I a fait l'objet de plusieurs campagnes de rappel recensées sur rappel.conso.gouv.fr et sur le site Renault, portant notamment sur : un contact possible entre la borne de batterie et le radiateur d'alternateur (risque de court-circuit et d'incendie), un catalyseur mal soudé sur des véhicules produits entre le 20 février et le 14 avril 2018, le collage du toit ouvrant panoramique (risque de détachement), et un défaut d'étanchéité du réservoir GPL sur les versions concernées (risque de fuite). Vérifiez sur le site officiel Renault que tous les rappels ont été soldés pour le numéro VIN du véhicule visé.

Combien coûtent vraiment les réparations

Voici des ordres de grandeur réels, relevés sur des sources françaises spécialisées. Ils donnent une idée de ce que peut coûter une remise en état — et de ce qu'il faut déduire d'une offre d'achat.

Coûts indicatifs de réparation — Renault Captur I (France, 2026)
InterventionCoût indicatifDétail
Remplacement moteur (1.2 TCe)~6 000 €Conséquence ultime de la surconsommation d'huile. À éviter à tout prix : c'est ce qui rend ce moteur dangereux à l'achat.
Boîte EDC — remplacement des embrayages1 800 à 2 500 €L'intervention la plus courante en cas d'à-coups et de glissements.
Boîte EDC — remplacement complet4 000 à 6 000 €+En échange standard ; les devis concession peuvent grimper bien au-delà dans les cas graves.
Vanne EGR (1.5 dCi)300 à 400 €S'encrasse à la calamine sur usage urbain. Un décalaminage préventif peut parfois suffire.
Filtre à particules (FAP)500 à 1 600 €Selon usage. Les trajets courts répétés bouchent le FAP.
Boîtier thermostat (0.9 TCe)300 à 450 €Pièce plastique fragile, à surveiller pour éviter la surchauffe.
Kit chaîne de distribution (0.9 TCe)1 200 à 2 700 €+Rare mais coûteux ; davantage si dégâts internes (soupapes).
Courroie de distribution (1.5 dCi équipés)400 à 900 €Pièces et main-d'œuvre. Certaines versions ont une chaîne, plus durable.

Le calcul à faire

Sur un 1.2 TCe 120, la consommation d'huile et l'état de la chaîne sont les sujets décisifs. Sur un 1.5 dCi, une distribution en fin de vie ou à l'historique inconnu représente 400 à 700 € à déduire systématiquement de votre offre, selon L'Argus.

Combien ça coûte à l'achat (cote 2026)

Le Captur I est abondant sur le marché de l'occasion, ce qui maintient les prix raisonnables et vous donne le luxe du choix. Inutile de vous précipiter sur le premier exemplaire venu.

D'après les cotes relevées en mai 2026 (L'Argus, ParuVendu), le Renault Captur toutes générations confondues s'échange entre environ 6 500 € et 27 700 €, pour un prix moyen autour de 13 000 à 13 400 €. La fourchette haute correspond toutefois au Captur II, plus récent.

Pour la première génération (2013-2019) qui nous intéresse, on se situe en pratique sur le bas et le milieu de cette fourchette : comptez grossièrement de 6 500 € pour un premier millésime fortement kilométré à 13 000-15 000 € pour un bel exemplaire récent et bien suivi. À titre d'exemple, certains 1.2 TCe 120 sont affichés autour de 15 400 €.

Repère utile

Ces moyennes sont des repères nationaux : un même Captur peut varier de ±15 à 20 % selon la région, la finition (Intens, Initiale Paris…), le kilométrage et surtout la traçabilité de l'entretien. Un carnet complet justifie un surcoût ; son absence doit, à l'inverse, faire chuter votre offre.

La checklist avant d'acheter

À dérouler systématiquement, surtout sur un essence 1.2 TCe ou une boîte EDC. Idéalement, faites-vous accompagner ou prévoyez une contre-expertise indépendante (80 à 150 €) au-delà de 130 000 km.

  • Niveau et aspect de l'huile, à froid. Sur un 1.2 TCe, c'est le contrôle n°1 : niveau bas ou huile très consommée = drapeau rouge. Une huile mousseuse peut trahir un joint de culasse.
  • Justificatifs de vidange. Exigez les factures. Sur le 1.2 TCe, des vidanges rapprochées (10 000-15 000 km) sont un bon signe de propriétaire vigilant.
  • Millésime du moteur essence. Privilégiez une production après mai 2016 (millésime 2017+), hors zone de risque maximal sur l'étanchéité.
  • Essai de la boîte EDC. Roulez au moins 15 minutes : à-coups en ville, glissements, bruits métalliques ou message « Boîte à contrôler » doivent vous faire renoncer. Demandez si la vidange de boîte a été faite.
  • Fumées à l'échappement. Fumée bleue = huile brûlée (essence) ; fumée noire = EGR/injection encrassée (diesel).
  • Diesel : vanne EGR et FAP. Méfiez-vous d'un dCi ayant surtout roulé en ville (EGR colmatée, FAP bouché). Demandez l'historique d'usage.
  • Distribution. Vérifiez la nature (chaîne ou courroie) et la dernière intervention ; une courroie en fin de vie se déduit du prix.
  • Électronique et R-Link. Testez l'écran multimédia, le Bluetooth, le GPS, les capteurs, les aides à la conduite. Un système qui fige est pénible et parfois coûteux.
  • Batterie et Stop & Start. Un Stop & Start qui ne s'active pas signale souvent une batterie 12V fatiguée.
  • Rappels soldés. Vérifiez le VIN sur le site Renault (batterie/alternateur, catalyseur, toit panoramique, GPL) avant de signer.

Questions fréquentes

Le Renault Captur 1.2 TCe est-il vraiment à éviter ?

Oui pour les millésimes 2013-2016 : ce moteur (code H5Ft) souffre d'un défaut d'étanchéité des segments de piston entraînant une surconsommation d'huile pouvant aller jusqu'à la casse moteur (~6 000 €). Environ 107 000 véhicules Renault seraient concernés selon une analyse interne citée par L'Argus. Les productions après mai 2016 ont été corrigées : un 1.2 TCe 2017+ entretenu et surveillé reste envisageable, mais le contrôle de la consommation d'huile est impératif.

La boîte automatique EDC est-elle fiable sur le Captur ?

C'est l'un des points faibles du modèle. Cette boîte à double embrayage est sujette aux à-coups, glissements, bruits métalliques et messages de défaut, parfois dès 40 000 km. Les réparations sont chères : 1 800 à 2 500 € pour les embrayages, jusqu'à 4 000-6 000 € et plus pour un remplacement complet. Préférez une boîte manuelle, ou exigez un essai prolongé et la preuve d'une vidange de boîte.

Essence ou diesel pour un Captur d'occasion ?

Tout dépend de votre usage. Pour beaucoup de route, le 1.5 dCi 110 ch post-2016 est le choix de raison (sobre, mûri). Pour un usage surtout urbain, le 0.9 TCe 90 ch en boîte manuelle évite les soucis du diesel (EGR/FAP qui s'encrassent en ville) et le piège du 1.2 TCe. Évitez un diesel qui n'aurait roulé qu'en ville.

Y a-t-il eu des rappels sur le Captur I ?

Oui, plusieurs campagnes recensées sur rappel.conso.gouv.fr et le site Renault : contact borne de batterie / radiateur d'alternateur (risque d'incendie), catalyseur mal soudé sur des véhicules de début 2018, collage défaillant du toit panoramique, et défaut d'étanchéité du réservoir GPL sur certaines versions. En revanche, la surconsommation d'huile du 1.2 TCe n'a pas fait l'objet d'un rappel officiel. Vérifiez le VIN avant achat.

Quel budget prévoir en 2026 ?

Pour un Captur I (2013-2019), comptez en gros de 6 500 € (premier millésime très kilométré) à 13 000-15 000 € pour un bel exemplaire récent et bien suivi. Le prix varie de ±15 à 20 % selon la région, la finition et surtout la traçabilité de l'entretien. Prévoyez aussi une marge pour la distribution ou une vidange de boîte selon la version.

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